Perce-montagne

Perce-montagne 

Pour retourner vers Shanghai, je choisi le chemin le plus long. Si tout se déroule comme prévu, un bus devrait me mener vers Shenjiamen, petite ville insulaire au large de Ningbo. De là, j’emprunterai un bateau vers l’île voisine de Putuoshan, reconnue pour ses temples bouddhistes et ses paysages montagneux. Après une courte visite, je reprendrai la route de Shanghai avec un second navire. Au total, dix heures de transport en deux jours. 

Mon bus file de par la campagne du Zhejiang et les paysages se succèdent, tantôt triste héritage du développement appocalypto-communiste, tantôt décors luxuriants de montagnes agricoles. La route perce la montagne autant de fois qu’il le faudra pour se rendre à la mer. Paysages magnifiques de brume et de pluie. 

Me voilà lancé, seul au milieu de la Chine populaire avec, pour seul espoir de communiquer, quelques phrases griffonnées à la hâte et un téléphone mobile pour les impasses. Si le trajet est dépaysant, voir fascinant, il est loin d’être confortable. Fait marquant: les Chinois semblent ignorer le concept de confort et plus particulièrement de confort thermique. En effet, malgré le froid et l’humidité qui sévissent sous ces latitudes à cette époque de l’année, le chauffage est pratiquement inexistant en tout temps et en tout lieux. Mon bus ne fait pas exception… imaginez un sauna de six heures, mais froid! Le froid me crispe mais mes mains sont douces, le traitement de la veille ayant fait ses preuves! ;)  

Arrêt restauration dans une cafétéria routière. Ne pas quitter le chauffeur des yeux. Heureusement, il a été mis au parfum pour ma difformité continentale et il m’accompagne silencieusement dans le processus. D’après les regards amusés et les gloussements des jeunes serveuses, les occidentaux doivent se faire plutôt rares par ici. 

Et re-bus. Quelques heures encore et nous atteignons la côte. Embarquement sur un énorme traversier. J’y rencontre Alain, caché sous son chapeau. Franco ontarien en cavale asiatique depuis plus d’un an, il me procure un peu de réconfort dans la froide grisaille du temps et des mots. Puis bus encore jusqu’à Shenjiamen où j’attrape le ferry pour Putuoshan. Sous la froide pluie, avec le soir qui tombe et les nombreux chasseurs de têtes nostalgiques de la haute saison, il y a comme une odeur d’attrape touristes qui flotte sur cette île… 

Fourbu, transi et déprimé par le temps maussade qui persiste depuis mon arrivée au pays, je plonge mes pieds gelés dans un bac d’eau bouillante et j’écris. 

 20janvier001web.jpg   20janvier002web.jpg   20janvier004web.jpg   20janvier009web.jpg

20janvier010web.jpg   20janvier018web.jpg   20janvier020web.jpg   20janvier025web.jpg

3 commentaires à “Perce-montagne”


  1. 0 Liz 21 jan 2007 à 0:31

    Courage Manu
    Il fait froid et l’humidité transperce peut-être tes vêtements mais la chaleur de nos coeurs t’accompagnent…. Je suis certaine que tu peux sentir les vibrations de tes amis quand tu te connectes.

    D’ailleurs tu as le soutien et le support de mes parents aussi.
    Je t’embrasse fort
    xxx
    A demain

  2. 1 Paul 21 jan 2007 à 6:04

    Vraiment, j’apprécie ce récit vivant où l’on peut voir les fruits du marché, sentir les odeurs de la ville visitée, presque entrer en contact avec ces Chinois réservés t’introduisant aux subtilités de la langue !

    Bientôt tu auras un mot de Carmelita (Carmelle, de Nikken…), mon amoureuse dont je t’ai parlé au début.
    Je la remercie de m’avoir permis de suivre ton périple et ainsi de visiter cet immense pays aux mille facettes !

    Profite bien des douceurs asiatiques… Tu reviendras un « homme nouveau »… j’en suis sûr !

    À bientôt de te lire encore.
    Paul

  3. 2 Carmelle 21 jan 2007 à 11:23

    de Carmelle 20 janvier
    Cher Manu,
    Mon plaisir est immense! Celui de te lire et de t’accompagner dans ton périple. Merci de m’y avoir invitée.
    Les émotions vives d’un premier contact avec une terre nouvelle sont indélébiles!…tu nous les traduis si bien: tes récits, tes descriptions, tes boutades, me révèlent un Manuel poète, philosophe, plein de sang-froid, d’esprit et d’espièglerie!…qui me font souvent bien rire!…Puis, sur ce chemn « initiatique », tu sais t’accorder des douceurs…bravo!
    Je me suis permise de t’introduire à mon amoureux Paul, géographe, mon globe-trotter (un véritable pèlerin), qui lui, se dirige bientôt vers la Patagonie. Il te suit avec autant d’intérêt que moi!
    J’ai très hâte de t’entendre parler de tes « filtres »! à eau?
    A très bientôt, bises fraîches et « frimassées » du Québec,
    Carmelle

Laisser un commentaire



La douce vallée |
australie * australia |
Alice au pays de... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | EMERGENCE
| Classe découverte en Ubaye
| Elliott et Judith au royaum...