Le potier serein

Après le métal, le verre et la pierre; je pénètre au royaume de la céramique. 

Ce nouveau trajet vers le sud nous mène vers la ville de Chaouzhou, près de Shantou dans le nord de la province du Guangdong. À ma sortie de l’avion, je réalise que ces deux petites heures de vol vers le sud ont passablement changés la donne météorologique. D’un pénible hiver Londonien, je passe à un suave printemps Montréalais. Exaltation printanière! Je retire enfin ce couvre-chef que je portais nuit et jour depuis mon arrivée. Fugace pensée pour mes proches qui comptent les degrés sous zéro. 

C’est dans ce renouveau estival que nous visitons les installations du fournisseur qui fabrique le corps de mon concept. Je suis heureux de constater qu’il s’agit d’une petite entreprise familiale portée par le savoir faire du père, le dévouement de la mère et la présence novatrice des deux enfants. De cette fabrique se dégage un sentiment de sérénité et de concentration que je n’avais encore rencontré jusqu’ici. Travail minutieux, artisanat Zen, le potier façonne une à une les anses qui embrasseront la théière galbée. Les fleurs de l’assiette sont peintes à la main, sans fin, sans chagrin. 

Mon produit n’est pas parfait et ma présence sur place nous aide à clarifier les besoins et à identifier ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. La forme demandée est ambitieuse et pousse l’artisan au meilleur de son art. Des solutions sont avancées et de nouveaux objectifs sont fixés. L’entreprise reste dévouée malgré la lenteur du processus et les modifications fréquentes. Le thé est bon… Pressé par le temps, Wang Zi Yu doit reprendre la direction de Shantou afin d’y attraper son vol de retour au bercail. Je reste une nuit à Chaouzhou avant de poursuivre ma route vers le sud. Je fais le trajet vers l’hôtel à dos de moto et j’expérimente le chaos ordonné de la circulation Chinoise; valse folle, ballet motorisée dans un nuage de poussière d’essence. 

Si le jour est confortable, la nuit est fraîche et ma chambre non chauffée. Je me surprends à chasser l’humidité et la froidure armé… d’un séchoir à cheveux. Départ tardif et mauvaise communication me font manquer mon bus matinal vers Hong Kong. Ces quelques heures de plus à Chaouzhou me permettent de découvrir cette petite ville qui déjà m’est sympathique. Si la céramique est source de fierté autochtone, la bouffe et le thé sont fleurons que l’on ne saurait négliger. Je passe un long moment dans une magnifique boutique de thés et poursuis mon apprentissage du noble breuvage. Je goûte ensuite la réputée cuisine locale, chaudement recommandée par Zi Yu. J’en garde un excellent souvenir. 

Un bus, sept heures de trajet. La nuite est tombée et me voilà à Shenzen, ville de tous les carrefours. Demain je passe la frontière pour me rendre à Hong Kong… 

Pour voir les photos liées à cet article, suivre le lien ‘’Céramique City’’ >>>

Vous pouvez également consulter ‘’La carte de mes trajets’’ >>>

3 commentaires à “Le potier serein”


  1. 0 Marc MORIN 2 fév 2007 à 1:49

    Manu,
    Fort trepidant de lire tes peripeties. J.ai appris l.existence de ton blog par une courte citation de fred (qui va mieux, esperons que c.est pour durer). J.ai des jours a ratrapper, tu es tres litteraire, j.aime. T.as l.air de voir des choses sorties d.un autre monde.

    Garde le cap. bonne exploration

    Marc

  2. 1 Luc 4 fév 2007 à 8:05

    C’est le problème du sud quelquefois, ou le chauffage est considéré inutile ou encore non autorisé
    Je me rappelle avoir fait la même chose avec le séchoir à cheveux; remplir la baignoire d’eau chaude à répétition contribue aussi à rehausser la température de la chambre de quelques degrés…
    Je serai à Shenyang ces prochains jours; si jamais tu as un fournisseur dans le coin…
    Pas certain de pouvoir passer par Shanghai avant ton départ; C,est pour quand déjà ?

    Luc xx

  3. 2 Carmelle 4 fév 2007 à 12:41

    Cher Manu,

    Te lire relève d’un plaisir…et d’un jeu!
    Comme je ne sais pas précisément ce que tu cherches en Chine…ni ce que tu veux en faire…
    je découvre au fil de tes récits, une pièce du puzzle de plus à chaque fois, un indice de plus….pour poursuivre cette sorte de « course au trésor »….Ne t’empresse pas de nous donner la réponse, j’aime ce suspense….j’aime la façon dont tu sais nous mettre en appétit! Tu sais nous surprendre…et nous prendre par la main pour te suivre….là partout où tu vas!
    L’amitié est dificile à créer, à trouverlà-bas? Reste que la courtoisie et l’hospitalité qu’on t’accorde témoigne de la grande confiance que tu inspires! Amitiés.

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