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Archives pour juillet 2007

La légende de l’Esprit Serpent

Quelques battements d’ailes de plus et l’avion nous dépose à l’aéroport de Hangzhou. Fleuron national et carrefour touristique, la cité borde le lac de l’ouest; magnifique. Le pont piétonnier fend la surface du miroir houleux; le saule pleure et s’incline lorsque je m’avance au centre du cirque aqueux bordé de montagnes. Le divin des légendes imprègne les lieux. Avec vous je partage volontier cette adaptation libre de la légende de Bai Niang Zi l’Esprit Serpent; la dame blanche du Lac de l’Ouest:

Ce récit se déroule au temps où les dieux du pays des brumes éternelles vivaient près des hommes. Bai Niang Zi l’Esprit Serpent aimait descendre du royaume céleste pour jouer avec le reflet des flots cristallins du Lac de l’Ouest et partager sa magie avec les hommes de la cité qui le borde. Le serpent immortel aimait les habitants de la terre d’un amour pur et doux. Les être humains appréciaient beaucoup ses visites fréquentes et lui rendaient volontier son amour. Pourtant, il y avait parmis eux un moine bouddhiste qui vouait une haine sans limite aux esprits qui possédaient l’immortalité. Le moine Fa Hai habitait le temple de Lei Feng Ta qui pointe toujours sa tour majestueuse sur la rive qui regarde la cité. Fa Hai consacrait l’essentiel de son existence à faire la chasse aux esprits et traquait plus particulièrement Bai Niang Zi. La sympathie générale vouée à cet Esprit Serpent qui défiait les lois immuables de l’univers était pour lui dangeureuse et inadmissible. Après plusieures années de traque infructueuse où le serpent glissait toujours entre les mailles de ses filets tendus, Fa Hai vint à parfaire son art pour enfin parvenir à le capturer. Un jeune homme de la cité nommé Xu Xian fut témoin de la scène sur le pont du lac et délivra courageusement Bai Niang Zi. Aussitôt libre, l’Esprit Serpent se retira au royaume céleste, terrorisé par la haine qu’il avait lu dans le cœur du moine. Plus de mille ans s’écoulèrent au royaume des esprits avant que Bai Niang Zi ne puisse acquérir la faculté de prendre forme humaine. C’est alors seulement qu’elle retourna sur les rives du Lac de l’Ouest et pris la forme d’une magnifique jeune femme à la peau de satin. Son seul but fut alors de retrouver celui qui l’avait libérer des griffes du vil Fa Hai. Et c’est au milieu de ce même pont qu’il se recontrèrent à nouveau et firent naître des milliers d’étoiles d’amour qui se réflètèrent sur la surface du lac endormi et illuminèrent la région de mille feux de joie. Ils se marièrent peu de temps après et Bai Niang Zi pris place auprès de son mari qui était médecin afin de l’aider à délivrer les gens de leurs souffrances. Ils étaient connus et appréciés de tous. De leur union naquit un fils qu’ils nommèrent Xu Si Ling. Or, à l’écart dans son temple, Fa Hai nourrissait toujours son obsession pour la capture de Bai Niang Zi. Xu Si Ling était encore tout jeune lorsque le moine parvint enfin à prendre la belle pour l’enfermer dans les caves du temple de Lei Feng Ta. Les gens de la région protestèrent en vain et Xu Xian connu une douleur si grande qu’il prit les ordres et devint moine afin de noyer sa tristesse dans la prière. Le jeune Xu Si Ling fut élevé par la sœur de sa mère et la pris longtemps pour sienne. Or arriva le jour de sa majorité et la vérité du malheur de ses parents lui fut révélée. Dès lors il ne connu de repos afin de nourrir le plan qui lui permettrait de délivrer sa mère. Touché par autant de tristesse et de dévotion, Bouddha lui apparut un soir en rêve et lui enseigna le secret de cette délivrance. Après plusieurs années de pratique sans relâche, le jeune Xu Si Ling se présenta au temple de Fa Hai et entreprit de réaliser les rites complexes afin de délivrer sa mère. Chaque pas devint prière et le sang coulait de son front qu’il cognait au plancher dans sa dévotion. Autant d’amour et de sacrifice émurent le grand bouddha qui toucha le cœur de Fa Hai et le délivra de sa souffrance et de sa haine des esprits immortels. Le moine relâcha alors la très belle Dame blanche du Lac de l’Ouest qui retrouva sa famille et vécu enfin heureuse dans l’amour et le partage. 

Chérie j’ai mangé l’âne

Voilà maintenant que la deuxième moitié de mon petit voyage est déjà bien entamée. Une première semaine dans la torpeur étouffante de Shanghai qui interdit tout élan créatif et demande à l’esprit de s’astreindre au fonctionnel du quotidien. Ici c’est l’urbanité démesurée et sans équilibre qui étouffe sous les couches de smog emprisonnées par l’humidité de la mer de Chine. Difficile de croiser un regard ouvert et accueillant dans un environnement aussi hostile. Si, à ce qu’on dit, les habitants de Shanghai sont les Parisiens de la Chine, j’apréhende volontiers une rencontre éventuelle avec les Shanghaiens de la France.  Je ne suis que de passage, parachuté ponctuel dans cet univers inconnu et j’arrive difficilement à comprendre la vie dans ce sanctuaire de stress. Oasis salvateur et retraite presque quotidienne, je fréquente un petit salon de massage qui me ramène à l’essentiel et m’abreuve de vie. Les masseurs aveugles qui n’ont jamais pu se permettre d’être antipathiques, m’offre un bain d’humanité et quelques sourires thérapeutiques. 

Puis c’est le départ du décathlon qui nous ménera par-delà sept provinces en cinq jours à la rencontre de tous ces fournisseurs qui partage leur savoir faire afin de rendre le rêve possible. J’attaque en force avec un premier vol Shanghai – Pékin, une heure de taxi et trois heures de bus pour atteindre mon premier fournisseur qui niche dans le dédal d’une petite ville de la province de Hebei; paumée au large de la Capitale. D’un aéroport ultra-moderne qui se prépare à recevoir le cirque Olympique jusqu’aux routes défoncées d’un arrière pays presque oublié, en passant par les lattrines pestilentielles d’un terminal d’autobus de cinquième classe; la Chine expose la beauté trop brute de ses contrastes omniprésents. 

La rencontre se déroule bien avec ces artisants qui donne forme à la pierre. Afin de clore la discussion le ventre plein nous sommes invités à déguster la spécialité locale; sorte d’énorme tortilla trop épaisse fourrée d’un savoureux mélange de viande et de coriandre. Bœuf? Porc? Ni un ni l’autre. Devant l’hésitation de mon interprête à identifier l’origine animale à la base du fameux mélange, je décide de remettre mon enquête à un moment qui sera moins suceptible d’affecter mon processus digestif. Sur la route du retour vers l’aéroport qui durera trois heures, j’ai la réponse à ma question lorsque mon guide me tends un appareil de traduction électronique dont l’écran affiche pompeusement : donkey (âne). Quoi de mieux qu’un délicieux sandwich à l’âne pour vous remettre du pep dans l’soulier!

Mais la journée n’est pas terminée malgré l’heure tardive. Encore un vol  turbulent de Pékin vers Jinan dans le Shandong et une heure de taxi avant de pouvoir m’évanouir sur la couche trop dure d’une chambre d’hôtel trop bon marché.

Terr-ain-connu

Après plus 24 heures de périple autour du globe, je débarque enfin à Hong Kong, territoire désormais connu. Comme il est étrange de revenir dans une ville éloignée mais de plus en plus familière. Le tâtonnement du premier passage n’est plus qu’une vague hésitation, certains endroits sont reconnus d’emblé et les déplacement sont plus faciles, presque routiniers. La chaleur humide de juillet est au rendez-vous; écrasante mais accueillante et confortable pour qui veut apprivoiser les 200% d’humidité relative! Le temps est pourtant agréable me dit-on; rien à voir avec le mois d’août…  Passage éclair dans cette ville que j’aime bien. Rencontres fugaces et course dans la cité pour accomplir les étapes qui me mèneront vers la Chine et un dernier segment de vol sur Shanghai. Le temps s’enroule et se déroule sans entrave jusque sous la pluie qui m’attend à la sortie de l’avion. Revoilà Shanghai… 

De l’autre côté du monde

Me revoilà dans les airs. Certains des plus espiègles d’entre-vous pourraient prétendre que j’aime à m’envoyer en l’air. Sans être totalement faux ce ne peut être tout à fait vrai (dans ce cas-ci du moins). Mes nombreux vols des derniers mois rendent l’expérience plus  »normale », mais quinze heures de vol c’est toujours long; surtout quand ça commence par deux heures d’attente imprévues enfermé dans un avion immobilisé par une cafetière qui fuit…   Nouveau trajet cette fois : Montréal – New York – Hong Kong en passant par le Pôle Nord. Au moment d’écrire ces lignes nous survolons la baie de Baffin au large du Groenland. -53C à l’extérieur… Cette route à quelques chose de mystique pour moi; comme si plutôt que de contourner le globe nous allions basculer de l’autre côté du monde vers le pays du soleil levant qui pourtant se couchera pour nous accueillir. Nous sommes bien loin des ces premières expéditions dont les galions tâtonnaient le néant appréhendant le gouffre du bout du monde. 

Plus que onze heures à faire et déjà huit depuis mon départ… sur l’écran je regarde le Pôle Nord glisser et s’approcher de l’avion solitaire au-dessus des glaces.



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