Archives pour la catégorie Boudisme

La légende de l’Esprit Serpent

Quelques battements d’ailes de plus et l’avion nous dépose à l’aéroport de Hangzhou. Fleuron national et carrefour touristique, la cité borde le lac de l’ouest; magnifique. Le pont piétonnier fend la surface du miroir houleux; le saule pleure et s’incline lorsque je m’avance au centre du cirque aqueux bordé de montagnes. Le divin des légendes imprègne les lieux. Avec vous je partage volontier cette adaptation libre de la légende de Bai Niang Zi l’Esprit Serpent; la dame blanche du Lac de l’Ouest:

Ce récit se déroule au temps où les dieux du pays des brumes éternelles vivaient près des hommes. Bai Niang Zi l’Esprit Serpent aimait descendre du royaume céleste pour jouer avec le reflet des flots cristallins du Lac de l’Ouest et partager sa magie avec les hommes de la cité qui le borde. Le serpent immortel aimait les habitants de la terre d’un amour pur et doux. Les être humains appréciaient beaucoup ses visites fréquentes et lui rendaient volontier son amour. Pourtant, il y avait parmis eux un moine bouddhiste qui vouait une haine sans limite aux esprits qui possédaient l’immortalité. Le moine Fa Hai habitait le temple de Lei Feng Ta qui pointe toujours sa tour majestueuse sur la rive qui regarde la cité. Fa Hai consacrait l’essentiel de son existence à faire la chasse aux esprits et traquait plus particulièrement Bai Niang Zi. La sympathie générale vouée à cet Esprit Serpent qui défiait les lois immuables de l’univers était pour lui dangeureuse et inadmissible. Après plusieures années de traque infructueuse où le serpent glissait toujours entre les mailles de ses filets tendus, Fa Hai vint à parfaire son art pour enfin parvenir à le capturer. Un jeune homme de la cité nommé Xu Xian fut témoin de la scène sur le pont du lac et délivra courageusement Bai Niang Zi. Aussitôt libre, l’Esprit Serpent se retira au royaume céleste, terrorisé par la haine qu’il avait lu dans le cœur du moine. Plus de mille ans s’écoulèrent au royaume des esprits avant que Bai Niang Zi ne puisse acquérir la faculté de prendre forme humaine. C’est alors seulement qu’elle retourna sur les rives du Lac de l’Ouest et pris la forme d’une magnifique jeune femme à la peau de satin. Son seul but fut alors de retrouver celui qui l’avait libérer des griffes du vil Fa Hai. Et c’est au milieu de ce même pont qu’il se recontrèrent à nouveau et firent naître des milliers d’étoiles d’amour qui se réflètèrent sur la surface du lac endormi et illuminèrent la région de mille feux de joie. Ils se marièrent peu de temps après et Bai Niang Zi pris place auprès de son mari qui était médecin afin de l’aider à délivrer les gens de leurs souffrances. Ils étaient connus et appréciés de tous. De leur union naquit un fils qu’ils nommèrent Xu Si Ling. Or, à l’écart dans son temple, Fa Hai nourrissait toujours son obsession pour la capture de Bai Niang Zi. Xu Si Ling était encore tout jeune lorsque le moine parvint enfin à prendre la belle pour l’enfermer dans les caves du temple de Lei Feng Ta. Les gens de la région protestèrent en vain et Xu Xian connu une douleur si grande qu’il prit les ordres et devint moine afin de noyer sa tristesse dans la prière. Le jeune Xu Si Ling fut élevé par la sœur de sa mère et la pris longtemps pour sienne. Or arriva le jour de sa majorité et la vérité du malheur de ses parents lui fut révélée. Dès lors il ne connu de repos afin de nourrir le plan qui lui permettrait de délivrer sa mère. Touché par autant de tristesse et de dévotion, Bouddha lui apparut un soir en rêve et lui enseigna le secret de cette délivrance. Après plusieurs années de pratique sans relâche, le jeune Xu Si Ling se présenta au temple de Fa Hai et entreprit de réaliser les rites complexes afin de délivrer sa mère. Chaque pas devint prière et le sang coulait de son front qu’il cognait au plancher dans sa dévotion. Autant d’amour et de sacrifice émurent le grand bouddha qui toucha le cœur de Fa Hai et le délivra de sa souffrance et de sa haine des esprits immortels. Le moine relâcha alors la très belle Dame blanche du Lac de l’Ouest qui retrouva sa famille et vécu enfin heureuse dans l’amour et le partage. 

La suite…

Cette partie du périple de ma vie s’achève maintenant et les souvenirs de Chine s’estompent au rythme des jours qui nous mènent vers la promesse d’un printemps salvateur.

J’ai eu grand plaisir à rédiger ces quelques textes pour tenter de transmettre ne serait-ce qu’une partie de l’essence du voyage vécu. Je ne saurais trop souligner le réconfort et la joie générée par vos nombreux commentaires; comme un baume d’encouragement sur la cicatrice du doute éternel.

Je vous invite maintenant à me suivre vers un nouvel espace de création où j’afficherai l’expression de mes réflexions sur la vie au fil du temps: Les écrits manuel(s)

Vous pouvez également visiter ma galerie d’art photographique.

Merci à tous et au plaisir de vous recroiser sur les sentiers virtuels!

Nanjing

Cinq heures de sommeil, un nouveau départ, une nouvelle façon de voyager. C’est le train qui cette fois nous transporte vers la cité Nanjing, située dans la province du Shandong à 2h30 de Shanghai. Rapide et spacieux, le torpillard fonce vers sa cible. L’avion à beau être plus rapide et statistiquement plus sûr, on est quand même mieux  près du sol! Le terme  »1ère classe », pour désigner un service supérieur dans les transports, n’est pas compris des Chinois. Les catégories se divisent plutôt en  »sièges durs » ou  »sièges mous ». Je me félicite d’avoir mentionner que je voulais un train rapide sur sièges mous, car la perspective d’un trajet de quatre heures sur une banquette en plastique dure ne me souriait pas… 

Le fournisseur nous attends à la gare; c’est déjà bon signe. Il nous conduit ensuite vers le siège social (40 étages) du conglomérat qui abrite la minuscule branche qui nous intéresse. Nous commençons par la visite de l’étage des échantillons! Imaginez, un étage complet d’immeuble à bureaux remplis à craquer de tout ce que l’entreprise produit: vêtements, souliers, électroménagers, articles de cuisine, jeux, chauffes eau solaires etc. Je me sens soudain un brin insignifiant avec ma demande pour trois pierres gravées et une poignée de marbre. Mais notre hôte semble tout à fait intéressé par notre commerce; la rencontre se déroule bien et se termine par un succulent repas de spécialités locales pas trop bizarres. Je suis ensuite reconduit au très chic Jinling Hôtel, établissement cinq étoiles du centre-ville, où mes hôtes ont eu la prévenance de me réserver une chambre luxueuse, sans toutefois pousser l’audace jusqu’à en défrayer les coûts. Me voilà donc au 30ième étage de ma tour de cristal, savourant un luxe inconnu, loin du sol, du bruit et du froid. Encore un peu et j’y prendrais goût. Même la connexion Internet normalement si lente en Chine, est ici très rapide et impeccable. Étonnant ce que quelques dollars de plus peuvent faire comme différence. 

Le lendemain, je prends quelques heures pour vagabonder dans la ville avant de retourner vers Shanghai. Se perdre dans la cité, marcher sans but précis. Mais peut-on vraiment se perdre dans une ville que l’on ne connaît pas, au centre d’un pays dont ignore tout, entouré de millions de gens qui ne vous comprennent pas? J’aime bien partir au hasard, hors des sentiers touristiques, et errer dans les tripes urbaines pour sentir battre le pouls de la cité vivante. Marcher seul et deviner les yeux curieux qui louchent vers l’étranger trop rarement aperçut. Saluer un regard perplexe et continuer son chemin. Je visite un temple bouddhiste et je grimpe le Zijin Shan (Purple Mountain) qui ferait rougir le Mont-Royal. Somptueuse montagne à flanc de cité, la noble protubérance est plantée d’une magnifique forêt de bambous. J’aime le bambou! La montagne abrite plusieurs sites d’intérêts dont un observatoire et ses instruments de bronze datant d’un autre siècle. De retour à la gare, j’attends le train qui me ramènera à l’origine de tous mes départs. 

Pour voir les photos liées à cet article, suivre le lien  »Nanjing »  >>>

Vous pouvez également consulter  »la carte de mes trajets » >>>

L’île du Mont-Putuo

Comme je l’avais flairé, Putuoshan s’est révélée être une destination touristique très  »organisée », mais néanmoins très jolie. Le coût exorbitant de 120RMB pour mettre le pied sur l’île en annonçait déjà la couleur, cette taxe de bienvenue ne dispensant pas le sympathique touriste de mettre la main à la poche pour chaque nouvelle attraction digne d’intérêt. Je suis pourtant fort heureux d’être là et d’avoir choisi ce trajet de retour. Heureux de pouvoir respirer à pleins poumons l’air du large, de marcher sur la plage en évitant les avances de la froide mer de chine qui veut me lécher les pieds, de cheminer sous le couvert d’une nature luxuriante et généreuse! Les paysages sont magnifiques et je vais en paix, la fine pluie et le temps maussade me dispensant des hordes de touristes qui croisent normalement sous ces latitudes. 

Après avoir admiré la plage des cent pas et arpenté la plage des mille pas, j’entreprend l’ascension du Mont-Putuo, point culminant de l’île. L’escalier de pierres guide mon chemin, milliers de pas et souffle court. Les pèlerins gravissent le serpent de granite, une prière à chaque marche. Des haut-parleurs dissimulés dans de fausses pierres diffusent un air lancinant de Chine médiévale. La transe mystique me guette. 

Au sommet se trouve un temple, magnifique oublié du temps dont les nombreux moines résidants s’affairent à recevoir les touristes anachroniques. Je pénètre, simple profane, dans la maison de Bouddha. J’ai une pensée pour mon ami
Fred, bouddhiste de son état et fervent pratiquant à ses heures, qui profiterait sans doutes grandement de cette visite. Je le porte en moi. De profane, je deviens profanateur lorsque je suis surpris à immortaliser la mémoire de l’une des divinités du temple. Un moine me le reproche silencieusement et, contrit, je fais disparaître l’objet honnis. À la sortie, mes pas me mènent vers le sommet de la montagne d’où j’ai une vue plongeante sur l’insulaire attraction. Quelques clichés, tour d’horizon. Au retour je croise mon premier gros chien vivant en sol chinois. La rencontre ne se déroule pas très bien et je dois lui indiquer clairement que je me verrai dans l’obligation de le manger s’il ne se tient pas tranquille là où il est. La menace fait effet et je m’en tire avec une belle frousse! Pour redescendre la protubérante montagne, j’emprunte une… gondole suisse(Doppelmeyer) dernier cri, ultime anachronisme sur cette île de tous les temps. 

Retour au terminal maritime et embarquement sur une frégate rapide, direction Shanghai. Après dix minutes d’incertitude nauséeuse et de chinoiseries, mon estomac prend le rythme qui tangue et la traversée se passe sur fond de ronflements et de
karao
ké bouddhiste! Encore trois heures de bateau et deux heures d’autobus pour retrouver Shanghai, devenue pour moi port d’attache et bercail. Maison sucrée maison! (Home Sweet Home) 

Pour voir les photos de cet article, suivre le lien  »Photos de Putuoshan » >>>

Perce-montagne

Perce-montagne 

Pour retourner vers Shanghai, je choisi le chemin le plus long. Si tout se déroule comme prévu, un bus devrait me mener vers Shenjiamen, petite ville insulaire au large de Ningbo. De là, j’emprunterai un bateau vers l’île voisine de Putuoshan, reconnue pour ses temples bouddhistes et ses paysages montagneux. Après une courte visite, je reprendrai la route de Shanghai avec un second navire. Au total, dix heures de transport en deux jours. 

Mon bus file de par la campagne du Zhejiang et les paysages se succèdent, tantôt triste héritage du développement appocalypto-communiste, tantôt décors luxuriants de montagnes agricoles. La route perce la montagne autant de fois qu’il le faudra pour se rendre à la mer. Paysages magnifiques de brume et de pluie. 

Me voilà lancé, seul au milieu de la Chine populaire avec, pour seul espoir de communiquer, quelques phrases griffonnées à la hâte et un téléphone mobile pour les impasses. Si le trajet est dépaysant, voir fascinant, il est loin d’être confortable. Fait marquant: les Chinois semblent ignorer le concept de confort et plus particulièrement de confort thermique. En effet, malgré le froid et l’humidité qui sévissent sous ces latitudes à cette époque de l’année, le chauffage est pratiquement inexistant en tout temps et en tout lieux. Mon bus ne fait pas exception… imaginez un sauna de six heures, mais froid! Le froid me crispe mais mes mains sont douces, le traitement de la veille ayant fait ses preuves! ;)  

Arrêt restauration dans une cafétéria routière. Ne pas quitter le chauffeur des yeux. Heureusement, il a été mis au parfum pour ma difformité continentale et il m’accompagne silencieusement dans le processus. D’après les regards amusés et les gloussements des jeunes serveuses, les occidentaux doivent se faire plutôt rares par ici. 

Et re-bus. Quelques heures encore et nous atteignons la côte. Embarquement sur un énorme traversier. J’y rencontre Alain, caché sous son chapeau. Franco ontarien en cavale asiatique depuis plus d’un an, il me procure un peu de réconfort dans la froide grisaille du temps et des mots. Puis bus encore jusqu’à Shenjiamen où j’attrape le ferry pour Putuoshan. Sous la froide pluie, avec le soir qui tombe et les nombreux chasseurs de têtes nostalgiques de la haute saison, il y a comme une odeur d’attrape touristes qui flotte sur cette île… 

Fourbu, transi et déprimé par le temps maussade qui persiste depuis mon arrivée au pays, je plonge mes pieds gelés dans un bac d’eau bouillante et j’écris. 

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Le temple du Bouddha de jade

Aussitôt passé les cerbères, les ayant amadoués avec une maigre offrande de 10¥ ($1,42), je débouche dans la cours intérieure d’un petit temple où le pèlerin prie par l’encens qui brûle. Odeurs de recueillement et frénésie bouddique. Je respire l’immensité du calme vertigineux qui règne dans ce havre de piété au coeur de la ville travestie. Contrastes urbains. La toute puissance des trois bouddhas me domine et je défie les dieux terribles de mon appendice numérique. Profanation ou reconnaissance? Je poursuis le chemin de l’illumination et je cherche l’hôte de ces lieux. Nouveau cerbère, nouvelle offrande pour parvenir devant celui que tous veulent voir. Je gravis l’escalier, ultime ascension vers plus de beauté. Il m’accueil, le Bouddha de Jade est là devant moi; pierre sculptée par le divin et animée par la piété des milliers de pèlerins qui le vénèrent. (…) Quand vous priez, vous vous élevez pour croiser dans les airs ceux qui prient à la même heure et que, sauf dans la prière, vous ne pouvez jamais rencontrer. Que votre visite, donc, à ce temple invisible, ne soit que pour l’extase et la douce communion, car si vous deviez y entrer pour quémander seulement, vous ne recevriez rien. (…)     -Khalil Gibran, Le Prophète 

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Bonjour à tous!

0000014.jpgJe vous souhaite la bienvenue en ces carnets de voyage qui vous permettront de suivre mes périples sur le continent mythique;  au coeur de  la Chine vaste et lointaine…                                                                                                                                 Vous pouvez profiter de quelques photos choisies en cliquant dessus pour les agrandir, consulter la carte pour situer mes trajets et visiter les liens en annexe pour un voyage plus complet. Les articles sont classés en chronologie inverse.

Vos commentaires sont précieux et très appréciés!

 Merci!



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