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Chérie j’ai mangé l’âne

Voilà maintenant que la deuxième moitié de mon petit voyage est déjà bien entamée. Une première semaine dans la torpeur étouffante de Shanghai qui interdit tout élan créatif et demande à l’esprit de s’astreindre au fonctionnel du quotidien. Ici c’est l’urbanité démesurée et sans équilibre qui étouffe sous les couches de smog emprisonnées par l’humidité de la mer de Chine. Difficile de croiser un regard ouvert et accueillant dans un environnement aussi hostile. Si, à ce qu’on dit, les habitants de Shanghai sont les Parisiens de la Chine, j’apréhende volontiers une rencontre éventuelle avec les Shanghaiens de la France.  Je ne suis que de passage, parachuté ponctuel dans cet univers inconnu et j’arrive difficilement à comprendre la vie dans ce sanctuaire de stress. Oasis salvateur et retraite presque quotidienne, je fréquente un petit salon de massage qui me ramène à l’essentiel et m’abreuve de vie. Les masseurs aveugles qui n’ont jamais pu se permettre d’être antipathiques, m’offre un bain d’humanité et quelques sourires thérapeutiques. 

Puis c’est le départ du décathlon qui nous ménera par-delà sept provinces en cinq jours à la rencontre de tous ces fournisseurs qui partage leur savoir faire afin de rendre le rêve possible. J’attaque en force avec un premier vol Shanghai – Pékin, une heure de taxi et trois heures de bus pour atteindre mon premier fournisseur qui niche dans le dédal d’une petite ville de la province de Hebei; paumée au large de la Capitale. D’un aéroport ultra-moderne qui se prépare à recevoir le cirque Olympique jusqu’aux routes défoncées d’un arrière pays presque oublié, en passant par les lattrines pestilentielles d’un terminal d’autobus de cinquième classe; la Chine expose la beauté trop brute de ses contrastes omniprésents. 

La rencontre se déroule bien avec ces artisants qui donne forme à la pierre. Afin de clore la discussion le ventre plein nous sommes invités à déguster la spécialité locale; sorte d’énorme tortilla trop épaisse fourrée d’un savoureux mélange de viande et de coriandre. Bœuf? Porc? Ni un ni l’autre. Devant l’hésitation de mon interprête à identifier l’origine animale à la base du fameux mélange, je décide de remettre mon enquête à un moment qui sera moins suceptible d’affecter mon processus digestif. Sur la route du retour vers l’aéroport qui durera trois heures, j’ai la réponse à ma question lorsque mon guide me tends un appareil de traduction électronique dont l’écran affiche pompeusement : donkey (âne). Quoi de mieux qu’un délicieux sandwich à l’âne pour vous remettre du pep dans l’soulier!

Mais la journée n’est pas terminée malgré l’heure tardive. Encore un vol  turbulent de Pékin vers Jinan dans le Shandong et une heure de taxi avant de pouvoir m’évanouir sur la couche trop dure d’une chambre d’hôtel trop bon marché.

La suite…

Cette partie du périple de ma vie s’achève maintenant et les souvenirs de Chine s’estompent au rythme des jours qui nous mènent vers la promesse d’un printemps salvateur.

J’ai eu grand plaisir à rédiger ces quelques textes pour tenter de transmettre ne serait-ce qu’une partie de l’essence du voyage vécu. Je ne saurais trop souligner le réconfort et la joie générée par vos nombreux commentaires; comme un baume d’encouragement sur la cicatrice du doute éternel.

Je vous invite maintenant à me suivre vers un nouvel espace de création où j’afficherai l’expression de mes réflexions sur la vie au fil du temps: Les écrits manuel(s)

Vous pouvez également visiter ma galerie d’art photographique.

Merci à tous et au plaisir de vous recroiser sur les sentiers virtuels!

Roi de province

Longue journée qui s’achève. Levé de bon matin(5h), je sautai dans un taxi pour l’aéroport. Saut de puce bionique à 25000 pieds d’altitude vers la province voisine du Zhejiang. Au programme: première rencontre avec un de mes fournisseurs chinois. M.Qiu (entendre Tchiou) nous attendait à l’arrivée en compagnie de Lucy, sa charmante fiancée. Que dire de plus sinon que j’ai goûté à l’hospitalité généreuse et débordante des chinois! Sur la route qui nous menait à la fabrique familiale, on m’explique que la spécialité locale, la fierté du coin, réside dans la culture d’une variété d’orange bien spéciale et très grosse… devant mon air perplexe et intrigué on s’empresse aussitôt de s’arrêter sur le bord du chemin, au premier
kiosque rencontré. Alors les oranges mes amis j’vous dis pas! Énormes, gigantesques, monstrueuses, hilarantes et délicieuses! Je ne pouvais m’empêcher de rigoler lorsque mon regard croisait les deux protubérants agrumes que nous ramenions sur le siège arrière de la berline qui zigzaguait pour éviter les cyclistes. 

Visite de l’usine sortie d’une autre époque. Relents de communisme d’après guerre et de graisse métallique. L’item fabriqué, le robinet du filtre, est parfait. Mes hôtes sont sympathiques et accueillants, la journée s’annonce bien. Je suis surpris de trouver en M.Qiu un jeune entrepreneur(26 ans) dynamique, perfectionniste, inventif et prospère. Une belle relation naît rapidement de notre intérêt réciproque et la communication est bonne grâce à Wang Zi Yu, qui m’accompagne, et Lucy qui parle assez bien Anglais. 

J’ai droit au traitement royal: festin en suite privée pour le dîner, sieste à l’hôtel trois étoiles, re-festin du soir où nous apprécions quelques spécialités locales et où je peux m’adonner librement à la dégustation de bestioles hétéroclites. La soirée se termine enfin par une session très particulière de soins pour les mains avec enveloppement de cire chaude et j’en profite pour apprendre quelques mots essentiels dans le patois local comme:  »fille, jolie fille… ». Franchement, je commence à comprendre l’intérêt marqué de mon père pour ces excursions en territoire chinois. On le serait à moins! 

<>  - Proverbe Chinois 

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Délire urbain

Fendant le smog dans la ville qui se remet péniblement de la fin du jour, le taxi me ramène au bercail, détendu et pétri. Je sors satisfait d’une nouvelle étape de tourisme massothérapeutique au Double Rainbow Massage House, une maison qui emploi principalement des aveugles. J’ai donc expérimenté le massage traditionnel chinois. Massage des pieds (1h), massage du corps (45 min.) et massage de la tête (15 min.). Deux heures de massage de qualité qui m’auront coûtées un gros 85¥ ($12)! La Chine est un pays merveilleux!  

Il y a une semaine ce soir que je touchais le sol chinois pour la première fois. Sept jours pour apprendre à connaître une culture aux antipodes de la nôtre; une semaine de dépaysement et d’acclimatation dans un climat hostile accentué par la densité d’une ville trop grosse pour être vraie. Découvertes, contacts fugaces, contemplation, humanité, urbanité. J’aime sentir la shino-fourmilière urbaine et mon village (Montréal) me manque. Paradoxes et partages… je dois m’extraire un moment vers plus de verdure (visible et comestible)! 

Et le travail. Nouvelle réalité. Faire abstraction un moment du vertige asiatique pour rassembler mes idées et cerner l’objectif. Apprendre à reconnaître l’inconnu et reprendre la mouvance du projet en marche. Dicter la cadence. Accepter le nouveau rythme et poursuivre la danse… 

<< La pierre n’a point d’espoir d’être autre chose qu’une pierre. Mais, de collaborer, elle s’assemble et devient temple. >>     -Antoine de Saint-Exupéry 

Smog sur la ville   Smog2   17janvier005.jpg   17janvier003.jpg   17janvier002.jpg

Girl Massage…

Fourbu et accablé par un froid humide qui pénètre jusqu’aux os, je saute dans un taxi pour aller vivre ma première expérience dans l’un de ces fameux Spa Chinois. Tendre au chauffeur un bout de papier griffonné et prier pour que l’information soit juste et bien comprise… lâcher prise. 

Véritables institutions thermales, ces endroits semblent très prisés par les Chinois. Avec raison! Immense complexe de cinq étages, l’endroit où j’entre est un véritable havre de détente et d’oisiveté. À chaque étage son thème : bains et sauna hommes, bains et sauna femmes, jeux et divertissements, nourritures, massages et repos. N’écoutant que mon instinct, faute de comprendre mes interlocuteurs, je trace mon chemin jusqu’au vestiaire des hommes. Et me voilà en tenue d’Adam, nu et blanc, aussi subtile qu’une framboise dans un bol de bleuets! Si la pudicité est palpable entre hommes et femmes de Chine, il en va autrement lorsque les hommes se retrouvent entre eux. Me voici donc, moine au vent, déambulant en ces thermes, goûtant chaleurs et douceurs comme autant de raisons d’accepter la détente à la fin d’une journée éprouvante. Heureusement, ma constitution quasi-chinoise m’évite de trop nombreux regards curieux. ;) 

La curiosité et la faim me font quitter les bains et je revêt la tenue de rigueur : un magnifique pyjama rayé rose, turquoise, bleu et blanc! Le ridicule ne tue pas, j’en suis témoin. Direction quatrième étage pour un repas découverte : immense cafétéria et menu en Chinois… uniquement! Après quelques essais infructueux, on me présente un chariot chargé de plats divers. Trop heureux de m’en tirer aussi facilement, j’en choisi deux, non trois… pour me rendre compte éventuellement qu’ils sont tous froids et que ce ne sont que les entrées! Afin de trouver une solution à l’impasse du menu, on fait quérir dans tout l’immeuble à la recherche de celui qui, croit-on, parle Anglais (…) Nouvelle séance laborieuse où j’ai la chance de pratiquer les mots appris la veille : Yu(poisson) Tang(soupe)? Échec, pas de soupe de poisson cette fois encore. Tang alors? Heureusement il y a une soupe au menu, mais pour savoir ce qu’il y a dedans, bonne chance! Amenez la soupe, ce sera très bon j’en suis sûr, mimai-je incertain. La soupe était excellente et tout à fait comestible. 

Troisième étage : Ma-jong. Peut-être un peu tôt pour tenter une partie de Ma-jong avec des Chinois… j’aurais trop peur de les humilier. 

Massage également. J’acquiesce et on me conduit dans une chambre confortable avec téléviseur géant et lit double. Je sens le piège se refermer. Un baragouineur me traduit aimablement et péniblement la liste des options disponibles : chinese body massage 200¥/60 minutes, feet massage 45¥/30 minutes etc… J’interroge en pointant la dernière ligne du menu où je peux distinguer un 450¥/60 minutes. Mon interlocuteur me répond péniblement:  »Girl Massage » avec un sourire gêné sans équivoque… J’opte évidemment pour un Feet Massage. ;)  

J’aurai donc profité de 4 heures de détente, des bains, du sauna, d’un copieux repas, d’un massage et d’une étude approfondie des mœurs chinoises pour l’équivalent de $30! 

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Bonjour à tous!

0000014.jpgJe vous souhaite la bienvenue en ces carnets de voyage qui vous permettront de suivre mes périples sur le continent mythique;  au coeur de  la Chine vaste et lointaine…                                                                                                                                 Vous pouvez profiter de quelques photos choisies en cliquant dessus pour les agrandir, consulter la carte pour situer mes trajets et visiter les liens en annexe pour un voyage plus complet. Les articles sont classés en chronologie inverse.

Vos commentaires sont précieux et très appréciés!

 Merci!



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