Archives pour la catégorie Société

La suite…

Cette partie du périple de ma vie s’achève maintenant et les souvenirs de Chine s’estompent au rythme des jours qui nous mènent vers la promesse d’un printemps salvateur.

J’ai eu grand plaisir à rédiger ces quelques textes pour tenter de transmettre ne serait-ce qu’une partie de l’essence du voyage vécu. Je ne saurais trop souligner le réconfort et la joie générée par vos nombreux commentaires; comme un baume d’encouragement sur la cicatrice du doute éternel.

Je vous invite maintenant à me suivre vers un nouvel espace de création où j’afficherai l’expression de mes réflexions sur la vie au fil du temps: Les écrits manuel(s)

Vous pouvez également visiter ma galerie d’art photographique.

Merci à tous et au plaisir de vous recroiser sur les sentiers virtuels!

Girl Massage…

Fourbu et accablé par un froid humide qui pénètre jusqu’aux os, je saute dans un taxi pour aller vivre ma première expérience dans l’un de ces fameux Spa Chinois. Tendre au chauffeur un bout de papier griffonné et prier pour que l’information soit juste et bien comprise… lâcher prise. 

Véritables institutions thermales, ces endroits semblent très prisés par les Chinois. Avec raison! Immense complexe de cinq étages, l’endroit où j’entre est un véritable havre de détente et d’oisiveté. À chaque étage son thème : bains et sauna hommes, bains et sauna femmes, jeux et divertissements, nourritures, massages et repos. N’écoutant que mon instinct, faute de comprendre mes interlocuteurs, je trace mon chemin jusqu’au vestiaire des hommes. Et me voilà en tenue d’Adam, nu et blanc, aussi subtile qu’une framboise dans un bol de bleuets! Si la pudicité est palpable entre hommes et femmes de Chine, il en va autrement lorsque les hommes se retrouvent entre eux. Me voici donc, moine au vent, déambulant en ces thermes, goûtant chaleurs et douceurs comme autant de raisons d’accepter la détente à la fin d’une journée éprouvante. Heureusement, ma constitution quasi-chinoise m’évite de trop nombreux regards curieux. ;) 

La curiosité et la faim me font quitter les bains et je revêt la tenue de rigueur : un magnifique pyjama rayé rose, turquoise, bleu et blanc! Le ridicule ne tue pas, j’en suis témoin. Direction quatrième étage pour un repas découverte : immense cafétéria et menu en Chinois… uniquement! Après quelques essais infructueux, on me présente un chariot chargé de plats divers. Trop heureux de m’en tirer aussi facilement, j’en choisi deux, non trois… pour me rendre compte éventuellement qu’ils sont tous froids et que ce ne sont que les entrées! Afin de trouver une solution à l’impasse du menu, on fait quérir dans tout l’immeuble à la recherche de celui qui, croit-on, parle Anglais (…) Nouvelle séance laborieuse où j’ai la chance de pratiquer les mots appris la veille : Yu(poisson) Tang(soupe)? Échec, pas de soupe de poisson cette fois encore. Tang alors? Heureusement il y a une soupe au menu, mais pour savoir ce qu’il y a dedans, bonne chance! Amenez la soupe, ce sera très bon j’en suis sûr, mimai-je incertain. La soupe était excellente et tout à fait comestible. 

Troisième étage : Ma-jong. Peut-être un peu tôt pour tenter une partie de Ma-jong avec des Chinois… j’aurais trop peur de les humilier. 

Massage également. J’acquiesce et on me conduit dans une chambre confortable avec téléviseur géant et lit double. Je sens le piège se refermer. Un baragouineur me traduit aimablement et péniblement la liste des options disponibles : chinese body massage 200¥/60 minutes, feet massage 45¥/30 minutes etc… J’interroge en pointant la dernière ligne du menu où je peux distinguer un 450¥/60 minutes. Mon interlocuteur me répond péniblement:  »Girl Massage » avec un sourire gêné sans équivoque… J’opte évidemment pour un Feet Massage. ;)  

J’aurai donc profité de 4 heures de détente, des bains, du sauna, d’un copieux repas, d’un massage et d’une étude approfondie des mœurs chinoises pour l’équivalent de $30! 

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Le choc des cultures

Il y a tout d’abord une sensation d’isolement du à l’impossibilité de communiquer verbalement, ainsi qu’à d’évidentes différences physiques et sociales. J’imagine donc que j’expérimente en partie ce qu’un extra-terrestre pourrait vivre en débarquant sur notre belle planète. Sentiment d’isolement et de privilège. Je déambule, seul occidental parmis la multitude d’Orient.  

Ensuite, et possiblement grâce à une certaine témérité culinaire, j’ai eu l’occasion de constater qu’il existe également une différence de langage entre nos microorganismes occidentaux et leurs homonymes chinois… ma deuxième nuit fut donc plutôt mouvementée! Cependant, j’ai eu le bonheur d’expérimenter l’universalité du langage homéopathique et d’ainsi éviter la purge. 

Et finalement, il semble que les ordinateurs soient également sensibles aux changements sociaux culturels… en voici le récit : 

Le jour s’était levé froid et pluvieux sur la cité livide. Après quelques déambulations exploratoires à la découverte de mon quartier, j’avais entrepris de démarrer mon ordinateur, centre sensible et vital de mes activités en Chine, afin de me mettre au travail. Ce qui ne devait pas arriver arriva et je vis, avec appréhension, mon compagnon électronique s’éteindre subitement en émettant un filet de fumé blanche, ultime exhalation électro-numérique! N’écoutant que mon instinct de survie, Je priai instamment Wang Zi Yu de localiser le centre de service Compaq le plus près et en moins de deux nous étions en route pour cette opération de sauvetage. Nous arrivâmes au lieu dit, au terme d’un interminable trajet en taxi dans la ville ralentie par la pluie. Le ‘’centre de service Compaq’’ se révéla être un appartement sombre, froid et miteux perdu au cœur de la cité immense. Mon précieux guide m’avoua alors candidement qu’il avait choisi le premier résultat de sa recherche sur le Net, tout simplement… 

Le technicien, pas Compaq du tout, entrepris donc de démonter la bête sous mon regard dubitatif mais néanmoins confiant. (Confiance résignée!) J’expérimentai alors un sentiment de vulnérabilité extrême lorsque je vis mon fidèle compagnon hors circuits, multitude de pièces détachées, gisant sans vie! 

Premier diagnostique : le disque dur (le cœur, l’essentiel) est intact. Ouf! La cause de tous ces émois? Un court-circuit des fils qui relient la base à l’écran. Une fois la solution acceptée et le contrat signé, je retournai vers le centre de la ville, transi et fatigué.

 

 

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I made it!

Me voilà enfin à Shanghai. Wang Zi Yu, le jeune homme désigné pour m’aider dans mon projet, m’attendais à l’aéroport et m’a grandement assisté pour franchir les dernières étapes de mon trajet. Course folle en taxi dans les rues bondées de la cité immense. Vélos, motos, piétons, camions et voitures se disputent la chaussée dans un ballet chaotiques mais pourtant fonctionnel. Et j’ai finalement atteint mon hôtel, logé au coeur de cette mégapole de l’empire chinois. Ensuite, besoins essentiels: trouver une source d’argent local, repérer un endroit où manger… dormir! J’ai tout de même trouver la force de déambuler un peu dans les rues, hagard et ivre de fatigue, la conscience altérée par le choc des cultures. 

Au réveil je découvre un ciel bleu et ensoleillé, une rareté parait-il, le smog ambiant donnant généralement dans les tons de gris (grayscale). Vaillant et téméraire, je pars alors en chasse de mon déjeuner dans la ville vivante. Ça bouge, c’est bruyant, ça pue, c’est le délire et j’aime bien. j’entre dans un petit resto de quartier (pauvre) (très), et j’entreprends un exposé laborieux pour expliquer que j’aimerais manger une soupe de poisson: Yu(poisson) Tang(soupe)? Tang Yu? Quelle impression unique que de ne pas se faire comprendre par les gens qui nous entourent. Je regarde le menu afin d’y déchiffrer quelque chose, mais rien n’y fait, c’est du véritable chinois! Après un conciliabule aussi sincère que inefficace avec tous les membres de la famille réunis, j’ai fini par manger une délicieuse soupe… de boeuf, enfin je crois. 

Une journée bien remplie, une visite au royaume du gadget électronique, un dîner au succulent Cristal Jade Palace en compagnie de Sébastien, et une pratique assidue de mon mot de chinois: Xièxie (merci). Ça semble plus faire rire les jeunes vendeuses qu’autre chose, mais c’est déjà ça de pris! 

(…) Car la pensée est oiseau d’espace qui dans la cage des mots peut déployer ses ailes, mais non s’envoler. (…)   -Khalil Gibran, Le Prophète 

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