Page d'archive 3

Une visite au marché

Au hasard d’une promenade de quartier, je tombai sur un petit marché populaire grouillant de vie et fort sympathique. Un endroit qui vous fait réfléchir à la relation dénaturée qu’ont les occidentaux avec la nourriture. Un endroit qui se trouve bien loin de nos supermarchés aseptisés et climatisés, mais néanmoins plus près d’un véritable lien à la nature nourricière. En voici quelques clichés. Désolé pour les végétariens! ;)  

(…) Il répondit: Je souhaiterais que vous puissiez vivre du parfum de la terre et, telle une plante de l’air, vous alimenter de lumière. Mais puisqu’il vous faut tuer pour manger et dépouiller le nouveau-né du lait de sa mère afin d’étancher votre soif, que ce soit un acte de vénération. Et que votre table soit un autel sur lequel on sacrifie les créatures pure et innocentes qui courent la forêt et la plaine, au profit de ce qui est plus pur et plus innocent encore dans l’homme. (…)    -Khalil Gibran, Le Prophète 

etales.jpg    froidetfraicheur.jpg    abondance.jpg    mamananguille.jpg    anguilles2.jpg   mmesoja.jpg    lembarraduchoix.jpg     pasdequartiers.jpg    carnivores.jpg   verdures.jpg

Girl Massage…

Fourbu et accablé par un froid humide qui pénètre jusqu’aux os, je saute dans un taxi pour aller vivre ma première expérience dans l’un de ces fameux Spa Chinois. Tendre au chauffeur un bout de papier griffonné et prier pour que l’information soit juste et bien comprise… lâcher prise. 

Véritables institutions thermales, ces endroits semblent très prisés par les Chinois. Avec raison! Immense complexe de cinq étages, l’endroit où j’entre est un véritable havre de détente et d’oisiveté. À chaque étage son thème : bains et sauna hommes, bains et sauna femmes, jeux et divertissements, nourritures, massages et repos. N’écoutant que mon instinct, faute de comprendre mes interlocuteurs, je trace mon chemin jusqu’au vestiaire des hommes. Et me voilà en tenue d’Adam, nu et blanc, aussi subtile qu’une framboise dans un bol de bleuets! Si la pudicité est palpable entre hommes et femmes de Chine, il en va autrement lorsque les hommes se retrouvent entre eux. Me voici donc, moine au vent, déambulant en ces thermes, goûtant chaleurs et douceurs comme autant de raisons d’accepter la détente à la fin d’une journée éprouvante. Heureusement, ma constitution quasi-chinoise m’évite de trop nombreux regards curieux. ;) 

La curiosité et la faim me font quitter les bains et je revêt la tenue de rigueur : un magnifique pyjama rayé rose, turquoise, bleu et blanc! Le ridicule ne tue pas, j’en suis témoin. Direction quatrième étage pour un repas découverte : immense cafétéria et menu en Chinois… uniquement! Après quelques essais infructueux, on me présente un chariot chargé de plats divers. Trop heureux de m’en tirer aussi facilement, j’en choisi deux, non trois… pour me rendre compte éventuellement qu’ils sont tous froids et que ce ne sont que les entrées! Afin de trouver une solution à l’impasse du menu, on fait quérir dans tout l’immeuble à la recherche de celui qui, croit-on, parle Anglais (…) Nouvelle séance laborieuse où j’ai la chance de pratiquer les mots appris la veille : Yu(poisson) Tang(soupe)? Échec, pas de soupe de poisson cette fois encore. Tang alors? Heureusement il y a une soupe au menu, mais pour savoir ce qu’il y a dedans, bonne chance! Amenez la soupe, ce sera très bon j’en suis sûr, mimai-je incertain. La soupe était excellente et tout à fait comestible. 

Troisième étage : Ma-jong. Peut-être un peu tôt pour tenter une partie de Ma-jong avec des Chinois… j’aurais trop peur de les humilier. 

Massage également. J’acquiesce et on me conduit dans une chambre confortable avec téléviseur géant et lit double. Je sens le piège se refermer. Un baragouineur me traduit aimablement et péniblement la liste des options disponibles : chinese body massage 200¥/60 minutes, feet massage 45¥/30 minutes etc… J’interroge en pointant la dernière ligne du menu où je peux distinguer un 450¥/60 minutes. Mon interlocuteur me répond péniblement:  »Girl Massage » avec un sourire gêné sans équivoque… J’opte évidemment pour un Feet Massage. ;)  

J’aurai donc profité de 4 heures de détente, des bains, du sauna, d’un copieux repas, d’un massage et d’une étude approfondie des mœurs chinoises pour l’équivalent de $30! 

          auspa3.jpg         auspa2.jpg        auspa1.jpg

Le choc des cultures

Il y a tout d’abord une sensation d’isolement du à l’impossibilité de communiquer verbalement, ainsi qu’à d’évidentes différences physiques et sociales. J’imagine donc que j’expérimente en partie ce qu’un extra-terrestre pourrait vivre en débarquant sur notre belle planète. Sentiment d’isolement et de privilège. Je déambule, seul occidental parmis la multitude d’Orient.  

Ensuite, et possiblement grâce à une certaine témérité culinaire, j’ai eu l’occasion de constater qu’il existe également une différence de langage entre nos microorganismes occidentaux et leurs homonymes chinois… ma deuxième nuit fut donc plutôt mouvementée! Cependant, j’ai eu le bonheur d’expérimenter l’universalité du langage homéopathique et d’ainsi éviter la purge. 

Et finalement, il semble que les ordinateurs soient également sensibles aux changements sociaux culturels… en voici le récit : 

Le jour s’était levé froid et pluvieux sur la cité livide. Après quelques déambulations exploratoires à la découverte de mon quartier, j’avais entrepris de démarrer mon ordinateur, centre sensible et vital de mes activités en Chine, afin de me mettre au travail. Ce qui ne devait pas arriver arriva et je vis, avec appréhension, mon compagnon électronique s’éteindre subitement en émettant un filet de fumé blanche, ultime exhalation électro-numérique! N’écoutant que mon instinct de survie, Je priai instamment Wang Zi Yu de localiser le centre de service Compaq le plus près et en moins de deux nous étions en route pour cette opération de sauvetage. Nous arrivâmes au lieu dit, au terme d’un interminable trajet en taxi dans la ville ralentie par la pluie. Le ‘’centre de service Compaq’’ se révéla être un appartement sombre, froid et miteux perdu au cœur de la cité immense. Mon précieux guide m’avoua alors candidement qu’il avait choisi le premier résultat de sa recherche sur le Net, tout simplement… 

Le technicien, pas Compaq du tout, entrepris donc de démonter la bête sous mon regard dubitatif mais néanmoins confiant. (Confiance résignée!) J’expérimentai alors un sentiment de vulnérabilité extrême lorsque je vis mon fidèle compagnon hors circuits, multitude de pièces détachées, gisant sans vie! 

Premier diagnostique : le disque dur (le cœur, l’essentiel) est intact. Ouf! La cause de tous ces émois? Un court-circuit des fils qui relient la base à l’écran. Une fois la solution acceptée et le contrat signé, je retournai vers le centre de la ville, transi et fatigué.

 

 

  reflexion1.jpg     reflexion2.jpg    livraisondeau.jpg    debutdejournee.jpg   auboulot.jpg 

I made it!

Me voilà enfin à Shanghai. Wang Zi Yu, le jeune homme désigné pour m’aider dans mon projet, m’attendais à l’aéroport et m’a grandement assisté pour franchir les dernières étapes de mon trajet. Course folle en taxi dans les rues bondées de la cité immense. Vélos, motos, piétons, camions et voitures se disputent la chaussée dans un ballet chaotiques mais pourtant fonctionnel. Et j’ai finalement atteint mon hôtel, logé au coeur de cette mégapole de l’empire chinois. Ensuite, besoins essentiels: trouver une source d’argent local, repérer un endroit où manger… dormir! J’ai tout de même trouver la force de déambuler un peu dans les rues, hagard et ivre de fatigue, la conscience altérée par le choc des cultures. 

Au réveil je découvre un ciel bleu et ensoleillé, une rareté parait-il, le smog ambiant donnant généralement dans les tons de gris (grayscale). Vaillant et téméraire, je pars alors en chasse de mon déjeuner dans la ville vivante. Ça bouge, c’est bruyant, ça pue, c’est le délire et j’aime bien. j’entre dans un petit resto de quartier (pauvre) (très), et j’entreprends un exposé laborieux pour expliquer que j’aimerais manger une soupe de poisson: Yu(poisson) Tang(soupe)? Tang Yu? Quelle impression unique que de ne pas se faire comprendre par les gens qui nous entourent. Je regarde le menu afin d’y déchiffrer quelque chose, mais rien n’y fait, c’est du véritable chinois! Après un conciliabule aussi sincère que inefficace avec tous les membres de la famille réunis, j’ai fini par manger une délicieuse soupe… de boeuf, enfin je crois. 

Une journée bien remplie, une visite au royaume du gadget électronique, un dîner au succulent Cristal Jade Palace en compagnie de Sébastien, et une pratique assidue de mon mot de chinois: Xièxie (merci). Ça semble plus faire rire les jeunes vendeuses qu’autre chose, mais c’est déjà ça de pris! 

(…) Car la pensée est oiseau d’espace qui dans la cage des mots peut déployer ses ailes, mais non s’envoler. (…)   -Khalil Gibran, Le Prophète 

lepremierrveil.jpg   chambrevue01.jpg   chambrevue02.jpg   taxi1.jpg   scnederue.jpg

 

 

Le trajet: 1h30am, heure de Montréal

Quelques prières de plus et me voilà rendu au-dessus du Japon après avoir survolé la Colombie-Britannique, l’Alaska, le détroit de Béring et les côtes de l’extrême Nord-ouest de la Russie! Magnifiques paysages de glace, vastes étendues désertiques aux confins d’un monde surpeuplé.

Bientôt 18h que je suis assis dans un avion… et 2h30 à faire avant de toucher le sol de Shanghai. Véritable marathon de la fesse endolorie, le temps passe dans ce vase clos qui trace son chemin dans le ciel asiatique.

Vancouver était magnifique: 20 minutes de marche rapide dans un couloir d’aéroport… trop courte pause avant de repartir vers le Nord puis vers l’Est! J’ai tout de même eu le temps de faire connaissance (en marchant) avec une chinoise (timide) qui sortait de mon avion et qui prenait pour sa part le chemin de Beijing. Un périple de 24h pour elle!

(…) En vérité vous êtes suspendus, telle une balance, entre votre tristesse et votre joie. Il vous faut être vides pour rester immobiles et en équilibre. (…)                                  -Khalil Gibran, Le Prophète

nord04.jpg          nord03.jpg         nord02.jpg       nord01.jpg

Le trajet: 12h30, heure de Montréal

Nous volons maintenant depuis plus de 3h30 sur un premier vol d’une durée de 5h26m. À l’exception de quelques secousses relativement ‘’banales’’, l’envolée se passe plutôt bien. Demeure ce sentiment étrange et peu commun d’être suspendu à quelques 35 000 pieds dans les airs…

Un constat s’impose à moi au début de ce périple : nous vivons dans une société qui nous pousse à banaliser l’extraordinaire. Qu’y a-t-il d’aussi peu banal que d’embarquer dans un monstre d’acier de plusieurs tonnes pour le voir s’élever à des altitudes vertigineuse et vous transporter en quelques heures sur des distances qui autrefois devenaient des expéditions de plusieurs mois, voir plusieurs années? Et pourtant ce tableau tiré de la science-fiction de nos ancêtres, aujourd’hui devient presque banal et pour certains, partie d’une routine quotidienne. Pour peu que l’on observe les acteurs de ce jeu, on ressentirait presque l’ennui de tout un chacun devant ce passage obligé vers la destination convoitée. Mais ne nous y trompons pas, car le glaçage craque aux moments cruciaux du rituel de l’envol. L’atmosphère se tend dans la carlingue lorsqu’est venu le temps de décoller, d’atterrir ou de traverser une zone de turbulences. Les mâchoires se crispent, les souffles rythment la cadence de l’inconfort et l’ombre d’une prière se pointe dans les cœurs, sans guerre de religions. Et c’est à ce moment précis que l’on réalise l’extraordinaire de l’aventure et son dénuement de banalité. Alors je célèbre l’extraordinaire!

Mon avion a décollé avec plus de 45 minutes de retard ce matin, pour des raisons de sécurité à l’aéroport… alors j’ignore si je pourrai attraper mon vol pour Shanghai. Les projections les plus récentes me donnent à peine 20 minutes pour visiter Vancouver, faire un petit jogging pour me délier les jambes et trouver la bonne porte d’embarquement!

Passagers du tube aérien, nous sommes suspendus dans l’intemporel et pourtant tributaire du temps des hommes.

C’est le moment de la prière de descente vers Vancouver…

D-6h…

Je suis enfin prêt à partir. Enfin, je crois… car l’est-on jamais vraiment? Ma valise est faite, mes papiers sont en ordres et mon appartement pourra accepter mon départ sans craindre de passer le prochain mois en état d’insalubrité avancée. Rire

Quelques heures encore et ce sera le moment de présenter ma carte d’embarquement à l’hôtesse de la porte 5A (qui sera charmante, évidemment) pour me diriger ensuite vers le siège 19D…

Quelques heures de sommeil… peut-être.

Rendez-vous de l’autre côté du pacifique, 20h d’avion plus tard!

<>

- Albert Einstein

D-1: Le départ approche!

Longtemps évoqué comme un songe fugace, une impossible possibilité, ce voyage est sur le point de se réaliser. Longtemps préparé, il me semble pourtant régner aujourd’hui dans ma tête un incroyable fouillis, une brume épaisse qui me laisse à peine prendre conscience de la réalité imminente de mon départ. Vestige d’un jour de l’an trop bien festoyé ou vertige au bord de l’inconnu?

C’est le temps des déchirements entre ce que l’on doit laisser derrière soi pour mieux le retrouver et le spectre immense de toutes ces possibilités encore inconnues qui m’appellent et me repoussent à la fois. C’est le moment où l’on doit dire au-revoir à l’enfant chérie que l’on a tenue contre soi depuis toutes ces années et qui pleure devant la réalité de l’inévitable et lente séparation qui la mènera vers plus de maturité. C’est le coeur du père qui pleure de savoir la distance qui demain nous séparera…

Au-delà des griffes de l’immobilité il y a une promesse d’aventure et la réalisation d’un rêve longtemps paufiné. Un éclaire d’inspiration naquit en mon coeur il y a de cela presque deux ans. Ce voyage est pour moi une preuve tangible et symbolique de ma capacité à faire descendre ce rêve, cette inspiration, afin de l’incarner dans un monde matériel difficile à apprivoiser. Fierté et reconnaissance!

L’idéal est pour nous ce qu’une étoile est pour le marin. Il ne peut être atteint, mais il demeure un guide- Albert Schreitzer

Bonjour à tous!

0000014.jpgJe vous souhaite la bienvenue en ces carnets de voyage qui vous permettront de suivre mes périples sur le continent mythique;  au coeur de  la Chine vaste et lointaine…                                                                                                                                 Vous pouvez profiter de quelques photos choisies en cliquant dessus pour les agrandir, consulter la carte pour situer mes trajets et visiter les liens en annexe pour un voyage plus complet. Les articles sont classés en chronologie inverse.

Vos commentaires sont précieux et très appréciés!

 Merci!

123


La douce vallée |
australie * australia |
Alice au pays de... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | EMERGENCE
| Classe découverte en Ubaye
| Elliott et Judith au royaum...